30/10/2017

Primes maladie : et maintenant ?

 


 

 

Je sais, depuis le temps que les primes augmentent chaque année, nous devrions être habitués. De plus, nous avons été avertis que cette année, elles augmenteraient plus encore. Mais quand même, lorsque j'ai reçu l'annonce de mes primes 2018 par mon assurance il y a 2 jours, cela a été un choc : 10% d'augmentation et un peu plus de Fr. 2'000 par mois pour une famille de cinq personnes. Lourd. Très lourd ! Nous avons beau avoir les franchises maximum, les complémentaires minimum, le montant des primes fait mal. Je ne vais pas me plaindre d'être en bonne santé, mais j'ai quand même l'impression de payer Fr 24'000 par an en pure perte, car avec une franchise à Fr 2'500, nous réfléchissons à deux fois avant d'aller chez le médecin ou à la pharmacie.

En plus, l'Etat ne nous aide pas : un de mes enfants cherche du travail et n'en trouve pas, donc il vit chez nous....mais les impôts ne le reconnaissent pas comme une charge car il n'est pas étudiant !

Alors que faire ?

Diminuer mon temps de travail, gagner moins et toucher une aide de l'Etat ?

Diminuer nos franchises et consommer des prestations médicales au maximum pour "rentabiliser" nos primes ?

Lancer un mouvement de grève des primes, afin de pousser nos élus à faire réellement quelque-chose ?

Militer pour une diminution du catalogue de prestations remboursées par l'assurance de base ?

Définir un nombre de cabinets médicaux en fonction de la population d'une région?

Limiter les équipements coûteux disponibles par régions ?

Militer pour une assurance dont la prime serait plafonnée en fonction du revenu ?

 

Ce qui est certain, c'est que notre Conseil fédéral et les Conseils d'Etat cantonaux doivent agir et cesser leur politique du laisser-faire, sous prétexte que nous sommes dans une économie libérale. Il est du devoir d'un état de permettre à tous ses citoyens d'avoir accès à un système de santé sans qu'ils aient à se ruiner.

 

Il faut agir. Maintenant !

 

Deux initiatives sont en cours de récolte de signatures. L'une pour que les élus fédéraux ne puissent plus avoir de liens économiques avec les caisses maladie, l'autre pour que les cantons puissent organiser le système d'assurance maladie comme ils l'entendent. Elles ne suffisent pas à régler le problème, mais au moins elles proposent des embryons de solution. Il faut les signer. Et Genève devrait s'inspirer de la solution vaudoise, qui a décidé d'augmenter le revenu permettant de toucher des subsides. Cette solution est l'aveu de la faillite du système actuel, mais il apporte un soulagement immédiat au budget des familles de la classe moyenne. A moyen terme, il faudra réformer le système...sous peine de voir la population, vous et moi, descendre dans la rue.

 

Philippe Meyer de Stadelhofen

candidat PDC au Grand-Conseil

13:28 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (7) | | | | |

Commentaires

Je salue ton engagement et me réjouis de te voir dans la rue.

Écrit par : PIerre Jenni | 30/10/2017

Les coûts de la santé étant grosso-modo payés pour moitié par les primes LAMal, et pour l'autre moitié par les pouvoirs publics (donc par nos impôts), le "milliardaire" va naturellement payer beaucoup plus que vous et moi. (vous savez maintenant que je ne suis pas milliardaire, mais j'y travaille)

Si l'on considère que les primes des assurés aux revenus modestes sont subventionnées par les cantons, cantons eux-mêmes financé par les impôts, notre cher milliardaire paie encore plus que vous ne l'imaginez.

Prenez par exemple l'impôt sur la fortune, qui dans notre (cher) canton de Vaud vous soulage d'environ 0.7% de votre fortune chaque année. Et bien cet impôt va coûter à notre ami milliardaire environ 7 millions de francs, chaque année. CHF 7'000'000. (s'il ne possède "que" 1 milliard) Pas mal comme contribution à la société. Qui peut en dire autant?

Bref, si le canton peut se payer le luxe de subventionner vos primes, c'est aussi grâce à lui (le milliardaire). Il n'y en a donc pas assez.

Pour comprendre la raison de la hausse plus rapide des coûts des primes ces dernières années, il faut regarder du côté du SwissDRG (https://www.swissdrg.org/fr).

Le SwissDRG - qui est un échec cuisant en Allemagne depuis quelques années, et que nos politiciens suisses se sont donc empressés d'adopter - rémunère les hôpitaux (publics pour la plupart) de manière forfaitaire, par "cas".

Une opération de l'appendicite: c'est XXXX.- peu importe que l'hospitalisation dure 1 jour, ou deux, ou dix s'il y a des complications. Les hôpitaux ont donc tout intérêt à mettre le patient à la porte le plus rapidement possible (magnifique, cela réduit les coûts, …en théorie).

En pratique, pour certaines opérations, les patients sont renvoyés à la maison tellement rapidement qu'ils ne passent pas une nuit à l'hôpital: c'est ce qu'on appelle un traitement *ambulatoire*. C'est ici que la magie opère: un traitement ambulatoire n'est pas financé par le canton, mais par la LAMal, c'est à dire par nos primes (nos primes par tête, que le milliardaire paie au même tarif que vous et moi).

Le SwissDRG a donc eu pour effet un report significatif des coûts précédemment payés par les cantons (les impôts) vers les coûts payés par nous, citoyens et nos primes LAMal. Et devinez qui a le plus défendu le SwissDRG: et bien les cantons pardi…

Peu importe que le SwissDRG ait été promu par cynisme ou par incompétence: en tout les cas, il n'est pas dans l'intérêt des citoyens, et certainement pas dans l'intérêt de la "classe moyenne".

Écrit par : Talenta | 31/10/2017

Serait peut-etre pas inutile de jeter un coup d`oeil sur les marges bénéficiaires de l`industrie pharmaceutique. Sujet tabou évidemment, tant que les lobbies industriels auront une plus grosse voix que les assurés. D`autre part, il ne faut pas trop se plaindre des promes maladie tant que l`on accepte un systeme ou le milliardaire paye autant que son jardinier? Oserez-vous publier mon commentaire?

Écrit par : JJ | 30/10/2017

Et si on introduisait les hausses des primes maladie ainsi que les augmentations des loyers dans l'indice des prix à la consommation, indice qui sert de base au calcul de l'inflation qui elle-même sert de référence pour l'augmentation des salaires...

Écrit par : Otto Matthik | 31/10/2017

Bonjour. Je vous suis à 100% sur la nécessité de signer les deux initiatives que vous évoquer. Par contre, adopter la solution vaudoise, consistant à augmenter le revenu permettant de toucher des subsides, non merci.
Je fais partie de cette classe moyenne, avec deux salaires qui permettent à ma famille de vivre correctement, sans plus. Mais cette classe moyenne supporte déjà, à travers ses impôts, nombre de prestations sociales accordées à ceux qui ont un revenu moins élevé: subsides pour les assurances, pour le logement, impôts que ces personnes ne payent pas du fait de leurs revenus trop faibles, etc. Par contre, je ne bénéficie d'aucune prestation. Pas de subsides, pas de logement HLM (barème d'entrée dépassé), etc. Je refuse donc de continuer, par mes impôts déjà élevés, à élargir le "catalogue" des prestations dont je ne pourrai jamais bénéficier.

Écrit par : Bob | 31/10/2017

@Talenta

A pleurer de compassion votre défense des milliardaires !

Je ne partage pas vos conclusions :

Vous souhaitez l'augmentation du nombre de milliardaires, car elle profiterait à la classe moyenne.

Remarquez d'abord que pour que cette augmentation soit profitable à la classe moyenne, il faudrait que les milliardaires paient des impôts.

On va dire que ce n'est pas toujours le cas.

Par parenthèse, on va dire aussi que certaines familles politiques se battent plus que d'autres contre la suppression de l'impôt.

Remarquez ensuite que le fait d'être milliardaire ne relève pas de services rendus à la classe moyenne, voire au corps social, par sens du collectif, talent personnel ( Ah, la fortune de Mozart !)

Il s'agit d'héritage, ou de malversations, d'exactions, de violences; on peut certes sauver les meubles avec la chance.

La multiplication des riches implique la confiscation de revenus à la classe moyenne, en voie d'extermination: en effet, où confisquer des sous, sinon auprès de ceux qui en ont encore un peu ?

Voici ma vision de l'avenir : une classe moyenne ruinée et totalement démotivée, avec de surcroît, vu le contexte économico-historique, une rage délétère.

Pour que la société de consommation fonctionne ( y compris dans le domaine médical ), il faut des consommateurs, qui ont des moyens pour acheter.

Lorsqu'une guerre n'enrichit personne, elle cesse dans le mois qui suit.

Bonne suite !

Écrit par : Père limpin | 02/11/2017

Et comme d'hab', en bon politique, tu n'interviens pas dans le débat.

Écrit par : PIerre Jenni | 04/11/2017

Les commentaires sont fermés.