01/05/2016

Prêt des livres payant

La ville de GE, au budget pourtant équilibré selon sa responsable des finances, envisage d'introduire une taxe sur le prêt des livres par ses bibliothèques. Bien sûr, tout travail mérite un salaire et l'écrivain doit être justement payé pour sa peine.

Mais est-ce bien eux qui profiteront de ce changement ?

Alors que les initiatives fleurissent pour développer une économie du partage, où les objets ne sont plus possédés et utilisés par une seule personnes, mais mis "en réseau" pour servir celui qui en a besoin qui le passera au suivant, la décision de GE semble aller à contre-courant. Car le fait de devoir payer pour ce service, même un montant modique, découragera un certain nombre d'utilisateurs. 

A l'heure où les jeunes lisent de moins en moins, le prêt de livres ne constitue-t-il pas une incitation ?

Est-ce que tout service doit forcément être tarifé ? N'est-ce pas un des rôles de l'Etat de fournir des prestations sans exiger une rétribution en contre-partie ?

S'il s'agit vraiment de rétribuer les auteurs, peut-être peut-on mettre en place un autre système qui verrait les bibliothèques municipales verser des droits aux auteurs sur le modèle de la Suisa pour les morceaux de musique diffusés par les radios commerciales. Ce qui me semble discutable aussi, les bibliothèques ne gagnant pas d'argent, au contraire des radios.

La culture est un ciment pour une collectivité. C'est un des rôles de l'Etat d'assurer les conditions pour qu'elle soit diffusée et que le plus grand nombre y ait accès.

 

12:26 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | |

Commentaires

C'est toute la question du fonctionnement de l'Etat qui est contenue dans cette polémique.
Je suis partagé sur l'usage des bénéfices des trois grandes régies fédérales. J'ai toujours pensé que l'Etat devait être efficace et compétitif. Il n'y a pas de raison objective de favoriser un acteur, quel qu'il soit, dans un marché libéralisé.
Mais lorsqu'un service de l'Etat cartonne, on veut lui imposer des règles strictes sur l'usage de son bénéfice et l'empêcher d'alimenter des services déficitaires.
Je ne suis pas certain que la mesure de la taxe sur les livres soit efficace, tant en termes de rendement que de promotion de la culture, mais je salue l'effort de rendre le service performant.

Écrit par : Pierre Jenni | 02/05/2016

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