03/10/2016

L'Avenir énergétique suisse ne rime pas avec audace

Le Conseil national vient d'approuver une version plus qu'édulcorée de la Stratégie énergie 2050.

Relevons le score : 105 voix pour, 95 voix contre et abstentions. Ce n'est clairement  pas un raz-de-marée et ceci s'explique par le seul fait que ce texte a été tellement vidé de sa substance que seuls le PLR et une bonne partie de l'UDC ont pu l'accepter.

Les lobbyistes ont bien travaillé, puisque, représentants les grands groupes électriques tels que AXPO et EOS et autres, ils ont réussi à

a) éviter de fixer un délai pour la sortie du nucléaire

b) diminuer la RPC et les subventions au développement des énergies renouvelables.

Ce qui m'étonne c'est qu'il y a des gens intelligents parmi nos conseillers nationaux, j'en connais certains. Mais alors pourquoi s'accrochent-ils à une conception dépassée de la production électrique de sa distribution ?

La production d'électricité par des centrales nucléaires date de l'après-guerre, lorsqu'on voulait en même temps produire du matériel pour fabriquer la bombe A. Aujourd'hui, tout le monde reconnaît que c'est une source d'énergie qui pose plus de problème (sécurité, déchets et même...rentabilité) qu'elle n'en résout. Quant à la production centralisée, elle aussi date d'une époque où tout devait être centralisé, alors que notre monde, toujours plus mobile, requiert de la décentralisation.

Peut-être que nos représentants au Parlement s'accrochent à ces valeurs passées et dépassées, parce qu'ils ne veulent surtout pas que la société change et altère leur rente de situation ? Ou parce qu'il leur est difficile d'admettre que les énergies renouvelables sont déjà incontournables et que les grands groupes de production électrique ne pourront plus faire les bénéfices mirobolants qu'ils ont fait jusqu'à récemment ?...et que nos conseillers nationaux, une fois retraités, ne pourront pas se muer en conseillers ......d'administration de l'un ou l'autre de ces grands groupes et toucher de gras jetons de présence ?

En out état de cause, espérons que nos sénateurs sauront faire preuve de la sagesse qu'on leur prête. Faute de quoi, le peuple pourra encore corriger le tir le 27 novembre prochain, en votant OUI à la sortie programmée du nucléaire.

19:14 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

24/06/2016

Il faut écouter ce que les jeunes murmurent

Aujourd'hui, toute notre attention est tournée vers le Brexit, ce qui est compréhensible. Parmi les analyses, ce qui m' à frappé est que, visiblement, les jeunes britanniques ont voté massivement pour rester dans l'Europe....Et pourtant la majorité du pays a demandé à en sortir. C'est-à-dire que la frange de la population dont l'avenir va être le plus impacté par cette décision se trouve en porte-à-faux avec elle....c'est grave !

Nul ne peut dire aujourd'hui les implications de ce vote pour demain et la majorité populaire l'a voulu ainsi, ce qui doit être respecté.

Mais quand même, tous les politiciens devraient tenir  compte de ce fait et faire des propositions qui conviennent à ceux et celles qui devront en supporter les effets à l'avenir. En Suisse aussi. Sinon, nous assisterons à l'absence grandissante des jeunes dans le débat démocratique,  alors que l'évolution démographique ne leur est déjà pas favorable, et à une augmentation de l'insatisfaction de la population par rapport à la société dans laquelle nous vivons et la méfiance vis-à-vis de la classe politique. Et la démocratie sera la grande perdante de cette évolution. 

22:17 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (3) | | | | |

01/05/2016

Prêt des livres payant

La ville de GE, au budget pourtant équilibré selon sa responsable des finances, envisage d'introduire une taxe sur le prêt des livres par ses bibliothèques. Bien sûr, tout travail mérite un salaire et l'écrivain doit être justement payé pour sa peine.

Mais est-ce bien eux qui profiteront de ce changement ?

Alors que les initiatives fleurissent pour développer une économie du partage, où les objets ne sont plus possédés et utilisés par une seule personnes, mais mis "en réseau" pour servir celui qui en a besoin qui le passera au suivant, la décision de GE semble aller à contre-courant. Car le fait de devoir payer pour ce service, même un montant modique, découragera un certain nombre d'utilisateurs. 

A l'heure où les jeunes lisent de moins en moins, le prêt de livres ne constitue-t-il pas une incitation ?

Est-ce que tout service doit forcément être tarifé ? N'est-ce pas un des rôles de l'Etat de fournir des prestations sans exiger une rétribution en contre-partie ?

S'il s'agit vraiment de rétribuer les auteurs, peut-être peut-on mettre en place un autre système qui verrait les bibliothèques municipales verser des droits aux auteurs sur le modèle de la Suisa pour les morceaux de musique diffusés par les radios commerciales. Ce qui me semble discutable aussi, les bibliothèques ne gagnant pas d'argent, au contraire des radios.

La culture est un ciment pour une collectivité. C'est un des rôles de l'Etat d'assurer les conditions pour qu'elle soit diffusée et que le plus grand nombre y ait accès.

 

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