Le blog de Philippe Meyer

  • POUR un pilotage démocratique de l’Aéroport

    Il y a un point sur lequel tout le monde s’accorde à Genève : les autorités, l’économie, vous et moi, voulons maintenir un aéroport international (AIG) de qualité à Genève.

    Buts de l’IN 163

    Ce que demande l’initiative est un contrôle démocratique de cet établissement vital pour notre région et que « l’Etat recherche un équilibre entre son importance pour la vie économique, sociale et culturelle et la limitation des nuisances pour la population et l’environnement. »

    Rien de plus : que l’Etat recherche un équilibre entre son importance pour la vie économique (…) et la limitation des nuisances…ce qui devrait déjà être fait, simplement. 

    Pourquoi l’AIG ne figure pas dans notre Constitution cantonale, alors que les HUG, les TPG et les SIG y sont mentionnés ?

    L’initiative veut réparer cette anomalie en inscrivant l’AIG dans notre constitution en tant qu’établissement de droit public, tout comme les HUG et les SIG.

    Qu’est-ce que cela changera en pratique ?

    Tout d’abord, l’AIG ne sera plus sous le contrôle exclusif du Conseil d’Etat, mais également du Grand-Conseil. Cela aurait certainement permis d’éviter les problèmes de gouvernance relatés récemment dans la presse, dont l’attribution de mandats à des entreprises extérieures sans appels d’offre, les soupçons de corruption de certains cadres et le non-respect de conditions salariales et de travail décentes pour certaines catégories de travailleurs au sol.

    L’AIG devra soumettre une convention d’objectifs pour approbation au Grand-Conseil. Aujourd’hui, ce document est simplement discuté avec le Conseil d’Etat.

    Une meilleure gestion des nuisances

    Notre aéroport jouit d’une caractéristique très particulière, unique en Suisse : c’est un aéroport urbain. Il y a donc des personnes qui vivent et travaillent à ses abords et qui en subissent les désagréments, en termes de bruit et de pollution de l’air. Cette dernière, d’ailleurs, ne se limite pas à la proximité de l’aéroport, mais se répand sur une bonne partie du canton.

    Notre canton doit pouvoir orienter la politique d’affaires de l’AIG, compte tenu justement des nuisances qu’il induit. Les surtaxes pour les émissions gazeuses appliquées par l’AIG sont actuellement les plus basses de Suisse et parmi les plus faibles d’Europe, ce qui lui a permis de développer son activité, mais a privé notre canton de revenus et a encouragé les compagnies aériennes à utiliser les avions les plus polluants pour desservir Genève. Pourquoi voler vers Genève avec des avions peu polluants quand l’utilisation d’avions plus anciens et donc plus polluants ne coûte pas plus cher ?

    La même logique s’applique au bruit. Alors que l’AIG a déjà des horaires d’ouverture plus étendus que l’aéroport de Zürich, il prévoit de les allonger encore, afin d’augmenter le nombre de vols : d’ici 2030, il est prévu 1 vol chaque minute ½ pendant 18 heures par jour, ne laissant que 6 heures de repos quotidien aux habitants proches de l’aéroport ou dans l’axe d’atterrissage/décollage des avions, c’est-à-dire une bonne partie de la population de la rive droite du canton.

    Dans le cadre défini par la Confédération et les limites de ses compétences, notre canton peut prendre des mesures pour limiter les nuisances dues au trafic aérien et pour appliquer les principes inscrits dans notre Constitution, qui, à son article 157 prévoit que « l’Etat protège les êtres humains et leur environnement. Il lutte contre toute forme de pollution et met en œuvre les principes de prévention, de précaution et d’imputation des coûts aux pollueurs ».

    Le Grand-Conseil a donc un rôle déterminant à jouer, notamment dans la préservation de la qualité de vie de l’ensemble des habitants de notre région.

    Voter OUI à l’IN 163, qui profite à l’ensemble de la population genevoise.

    Selon les chiffres fournis par l’Aéroport lui-même, seuls 33% des passagers venant à Genève y restent et donc y dépensent dans les commerces et les hôtels de notre canton. Quant à l’origine des passagers, seuls 25 % proviennent de Genève. Par contre, les nuisances, elles, demeurent bien sur notre territoire !

    Le contre-projet à l’initiative a été élaboré à la va-vite, afin de jeter le trouble dans l’esprit des genevois. Il permet à l’AIG de continuer à faire ses propres projets sans tenir compte des répercussions sur notre collectivité.

    Voter OUI à l’IN 163 et Non à son contre-projet, c’est assurer l’avenir de notre aéroport dans le respect des attentes de la population !

  • Le PDC soutient l'IN 163 sur l'aéroport

    L'assemblée des délégués du PDC du 26 septembre dernier a décidé de recommander (2/3 des voix) de voter OUI à l'initiative pour un contrôle démocratique de l'aéroport (IN 163) et de rejeter le contre-projet (IN 164).

    Les arguments qui ont convaincu les 2/3 des délégués présents sont d'une part l'importance de préserver la santé des riverains, d'autre part, qu'il est normal, dans le cadre autorisé par la législation fédérale, que le Grand Conseil puisse se prononcer sur le développement de l’aéroport , comme c’est le cas pour les HUG, TPG et SIG. Quant au contre-projet, il a été écrit à la va-vite et met l’accent sur la préservation des conditions économiques, sans se soucier des effets des nuisances émises par l’aéroport sur l’ensemble de la population genevoise. Ni la pollution ni le bruit ne restent cantonnés sur la rive droite, mais ils touchent également la rive gauche.

    Le PDC s'inscrit avec cette décision comme le seul parti du centre-droit qui se soucie de la santé des genevois, une position résolument progressiste, que, malheureusement, sa direction peine à assumer.

     

  • Cherche candidat avec vision à long terme ?

    Genève a de nouveau vu sa population augmenter, de quelque 5'000 âmes en 2017.

    L'accroissement dû à des personnes venues de l'extérieur se monte à 2'750. Il serait intéressant de connaître ces chiffres pour le Grand Genève.

    Une minorité toujours plus importante (+/- 40% au dernières votations) se demande si un tel accroissement est encore souhaitable, quand on voit nos routes engorgées, la pollution ainsi générée, des emplois qui échappent aux natifs, bref une qualité de vie qui se dégrade.

    Dans un tel contexte, il faudrait un ou, mieux, des politiciens charismatiques et qui ont une vision à long terme, ce qui fait défaut aujourd'hui. En conséquence, nos politiques publiques sont toujours dans la réaction et nous continuons à subir les effets de notre prospérité plutôt que de les anticiper.

    Les élections à venir nous offrent l'opportunité de procéder à un grand "coup de sac" en élisant des candidats qui se présentent pour la première fois et qui ont peut-être des idées intéressantes.